Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Avertir le modérateur

Investir dans l’innovation en santé

Investir dans l'innovation pour l’hôpital est à chaque fois un pari. Pour être sûr d’avoir fait le bon choix, il faudrait être en capacité d’évaluer le retour sur investissement dans le cadre d’un contrat de performance avec l’industriel. Par exemple, les robots chirurgicaux génèrent-ils des gains ou non ? Le débat reste ouvert en l’absence d’une évaluation précise « en vie réelle » des résultats. Une des motivations d’un hôpital pour investir dans du matériel innovant est d’être attractif pour les médecins. Particulièrement au sein des CHU où l’innovation constitue un puissant facteur d’attractivité pour les meilleurs talents. L’innovation est également porteuse d’aide à la transformation managériale et organisationnelle de l’hôpital : elle est un vecteur de transformation de la relation avec les patients, de l’interaction avec les industriels et de l’organisation interne. Un autre frein souvent cité à la diffusion des innovations par les établissements hospitaliers est que la commande publique n’est qu’insuffisamment axée sur la performance économique de long terme et sur l’innovation. Malgré le décret du 26 septembre 2014 qui a introduit dans le Code des marchés publics le « partenariat d’innovation », un dispositif qui permet de faciliter la passation de marchés publics à visée innovante, l’application du Code des marchés publics conduit plutôt à survaloriser le critère prix sur les critères de performance et de prise de risque, ce qui est défavorable à l’innovation et également au contrôle des coûts de santé. C’est le cas par exemple pour certains dispositifs implantables (pacemakers, prothèses) dont la longévité peut varier de plusieurs années suivant les fabricants et les modèles mais qui seront pris en charge au même niveau quel que soit leurs durées de vie et donc leurs coûts réels par patient par an. Selon nos interlocuteurs, en Allemagne, la transposition des directives européennes sur la commande publique dans les textes nationaux serait beaucoup plus souple qu’en France. La commande publique devrait ainsi être portée par quatre piliers en équilibre : la performance économique, le prix, le risque et la valeur.

Les commentaires sont fermés.